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AirSaas
8 min de lecture

AirSaas : le guide complet — à qui s'adresse vraiment le pilotage de portefeuille

AirSaas, logiciel de pilotage de portefeuille made in France : fiche projet, météo, décisions, quarter plan. À qui il s'adresse vraiment, et à qui il ne s'adresse pas.

Fin d'exercice. La direction fait les comptes. Sur les quatre-vingts projets inscrits au plan de l'année, cinq sont terminés. Les budgets de l'année suivante sont déjà votés, et personne n'avait prévu d'y faire tenir les soixante-quinze qui restent.

Le plus troublant, c'est le désaccord qui suit. La direction est convaincue que rien n'avance. Les équipes sont convaincues d'être en surcharge permanente.

Les deux disent vrai. Et c'est exactement ce trou-là qu'AirSaas cherche à combler.

Le problème que traite AirSaas

Un lundi matin, un PMO prépare le comité de pilotage de quatorze heures.

Il ouvre une quinzaine de fichiers, une poignée de présentations, plusieurs dizaines de mails. Il en tire une quarantaine de diapositives.

À l'arrivée, personne ne comprend vraiment pourquoi les projets n'avancent pas. Les décisions à prendre sont reportées à la semaine suivante, faute d'éléments pour trancher.

Le PMI estime que 10 % de chaque euro engagé sur un projet est gaspillé faute de pratiques de pilotage standardisées. Ce chiffre ne parle pas de mauvais chefs de projet : il parle d'organisations qui n'ont pas de langage commun pour dire où en est un projet.

C'est ce langage commun qu'AirSaas impose. Et il faut le dire ainsi : l'outil impose. C'est sa qualité principale et le premier motif de résistance qu'on rencontre.

Ce qu'est AirSaas, précisément

AirSaas est un logiciel de PPM — Project Portfolio Management. Un outil de gouvernance de projets, pas de gestion de tâches.

Il se place au-dessus de vos outils de suivi opérationnel, pas à leur place. Vos équipes peuvent continuer à travailler dans leur outil habituel ; AirSaas s'occupe de ce qui fait avancer ou bloquer les projets.

Il s'adresse aux chefs de projet, aux PMO, aux directions métiers et à la DSI. C'est un éditeur français, ce qui pèse dans les organisations attentives à l'hébergement et à la langue de l'interface.

La fiche projet. C'est le cœur, et c'est ce qui change réellement les choses. Elle force à répondre à des questions qu'on évite habituellement : pourquoi ce projet, quels gains attendus, dans quel contexte, pour quels utilisateurs, et surtout quels risques si on ne le fait pas. Cette dernière question est celle qui trie les projets les plus vite.

Les personnes et les équipes. Un sponsor identifié, un chef de projet, les équipes impliquées. Un sponsor nommé n'est pas une formalité : c'est la personne qui poussera le projet quand une décision bloquera.

Les jalons. Le découpage en livrables intermédiaires, chacun avec un responsable, une équipe, une charge estimée et une échéance qui peut se limiter à un trimestre. Ces jalons remontent dans la vue chronologique du portefeuille.

Les statuts de cycle de vie. Idée à creuser, cadrage en cours, validé par le sponsor, prêt à passer en comité, en exécution, terminé, en pause. Personnalisables. Ce simple enchaînement empêche un projet de devenir « en cours » par magie.

La météo projet. Une fréquence de mise à jour définie à l'avance, et surtout une contrainte : impossible de dégrader une météo sans dire pourquoi. Un modèle impose de qualifier — délai, périmètre, budget, équipes, autre. C'est ce qui transforme un « c'est compliqué » en information exploitable.

Les décisions et les points d'attention. Chaque décision à prendre est tracée, avec un décisionnaire nommé, une échéance et un statut. La personne concernée est notifiée. C'est le remède direct au projet qui glisse parce que personne n'a tranché.

Les vues de portefeuille. Liste, kanban, chronologie, filtrées par statut, par équipe, par météo, par programme. On enregistre une vue par interlocuteur, parce qu'un directeur métier et un PMO ne regardent pas la même chose.

Le flash report. Une synthèse de tous les projets d'un sponsor ou d'un programme, générée depuis les données. La fin des présentations refabriquées chaque mois.

Le quarter plan. L'ambition la plus haute de l'outil. On définit la capacité de chaque équipe sur un trimestre, on y confronte les jalons planifiés, et on lit le delta. C'est là qu'on découvre que la surcharge ressentie était mesurable depuis le début.

Ce qu'AirSaas ne fera pas

Trois choses, et elles déterminent si l'outil est pour vous.

Ce n'est pas un outil de gestion de tâches. Vos équipes ne suivront pas leur quotidien dedans. Si vous cherchez un endroit où tout le monde coche ses actions, ce n'est pas ici — et c'est assumé par l'éditeur.

Il ne s'adresse pas à tout le monde. Son public est le pilotage : direction, PMO, sponsors, chefs de projet. Vouloir l'imposer à l'ensemble des collaborateurs est le meilleur moyen de le faire rejeter.

Il demande de la matière avant de produire de la valeur. Le quarter plan suppose une liste de projets complète, un découpage en jalons propre et un capacitaire par équipe. Si ces trois éléments n'existent pas, vous aurez un bel outil vide. Le chemin passe d'abord par le cadrage.

Ajoutons un point d'honnêteté sur la forme : l'interface ne ressemble pas aux outils de gestion de projet grand public. Certains y voient une austérité, d'autres une clarté. C'est un critère à tester avec vos utilisateurs réels, pas à trancher sur une capture d'écran.

Notre recommandation

  1. Commencez par la fiche projet, pas par le portefeuille.Cadrez cinq projets réels de bout en bout : pourquoi, gains, risques à ne pas faire, sponsor, jalons. La valeur apparaît dès le premier atelier, avant toute vue consolidée.
  2. Nommez un sponsor pour chaque projet, sans exception.Quand il y a plus d'un responsable, il n'y a plus de responsable. La fiche rend cette absence visible, ce qui est déjà un résultat.
  3. Fixez la fréquence de météo et tenez-la.Une météo hebdomadaire non tenue vaut moins qu'une météo mensuelle respectée. La régularité fait la fiabilité, pas la finesse.
  4. Faites de l'outil le support de vos comités, pas un livrable de plus.Le comité s'ouvre sur la vue portefeuille et sur les décisions en attente. Si vous continuez à fabriquer une présentation en parallèle, vous avez ajouté du travail au lieu d'en retirer.
  5. Branchez vos outils de tâches plutôt que de les remplacer.Les jalons peuvent être alimentés depuis un outil de gestion de projet existant. Une donnée saisie une seule fois, deux niveaux de lecture.
  6. Attaquez le quarter plan en dernier.Il suppose un capacitaire par équipe et un découpage propre. C'est une cible à six ou douze mois, pas un point de départ.

Comment nous accompagnons ce type de déploiement

Nous ne sommes pas des intégrateurs d'outil. Nous regardons d'abord comment une organisation décide, puis nous choisissons l'outil qui sert cette manière de décider.

Sur un choix de PPM, notre méthode ne varie pas beaucoup.

Nous recueillons les besoins réels : ce que la direction veut voir, à quelle fréquence, pour arbitrer quoi. Cette question est plus difficile qu'elle n'en a l'air, et elle élimine déjà la moitié des fonctionnalités qu'on croyait indispensables.

Nous formalisons ensuite les briques attendues — fiches projet, programmes, portefeuilles, feuille de route, objectifs, actualités, vision capacitaire simple — puis nous préparons des exemples issus de vos vrais projets pour tester les candidats sur pièce.

Nous menons enfin la comparaison sur la structuration, le reporting, l'ergonomie, la trajectoire produit et les conditions techniques, et nous remettons un rapport d'avantages et d'inconvénients. Pas une préférence : une base de décision partagée.

Nous avons conduit exactement ce travail pour un acteur de l'immobilier qui cherchait un outil de PPM pour soutenir une nouvelle stratégie, avec un besoin de pilotage matriciel entre axes stratégiques et programmes transverses — et une exigence explicite de ne pas imposer la gestion de tâches à tous les chefs de projet.

Cette dernière contrainte, à elle seule, oriente fortement le choix. C'est ce genre de détail qu'un comparatif générique ne verra jamais.

Questions fréquentes

AirSaas remplace-t-il Monday.com ou Asana ?

Non, il se place au-dessus. Ces outils gèrent les tâches et le travail d'équipe ; AirSaas gère la gouvernance du portefeuille. Beaucoup d'organisations font cohabiter les deux, avec une remontée de jalons de l'un vers l'autre.

À partir de combien de projets AirSaas devient-il pertinent ?

Il n'y a pas de seuil magique, mais l'outil prend tout son sens quand une direction supervise assez de projets pour ne plus pouvoir les suivre de tête. En dessous d'une dizaine, une revue disciplinée dans un outil existant suffit souvent.

Faut-il un PMO pour utiliser AirSaas ?

Pas obligatoirement, mais il faut quelqu'un qui porte le rituel : relancer les météos, animer le comité, tenir la qualité des fiches. Sans ce rôle — qu'il s'appelle PMO ou non — l'outil se remplit les trois premiers mois puis se vide.

AirSaas est-il un outil français ?

Oui, c'est un éditeur français. Pour certaines organisations, c'est un critère de choix à part entière, au même titre que l'ergonomie ou le prix.

Combien de temps pour un déploiement ?

Cela dépend beaucoup plus de votre maturité que de l'outil. Cadrer une dizaine de projets et lancer les météos se fait en quelques semaines. Arriver au quarter plan avec un capacitaire fiable demande plusieurs mois, parce que ce n'est pas un sujet de paramétrage mais d'organisation.

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