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Monday.comAgences marketing & communication
8 min de lecture

Faire adopter Monday.com par les équipes d'une agence

Monday.com en agence marketing & communication : pourquoi l'outil n'est pas utilisé, et la méthode d'adoption réelle — harmonisation, règles d'usage, office hours.

« On l'a acheté il y a huit mois. Aujourd'hui, il n'y a que moi qui l'ouvre. »

Cette phrase, on l'entend en réunion de cadrage, souvent sur un ton d'excuse. Il ne faut pas s'excuser. C'est le scénario le plus courant du marché.

L'outil est payé, paramétré, parfois même joliment paramétré. Et les équipes continuent de travailler dans les mails, les messages privés et le tableur partagé.

Le problème spécifique d'une agence

Dans une agence, l'adoption ne se joue pas contre l'outil. Elle se joue contre l'urgence.

Un créatif a trois livrables à sortir avant vendredi. Un chef de projet a un client qui appelle. Quand la pression monte, chacun revient à son réflexe : le canal le plus rapide, pas le plus utile au collectif.

Monday.com ajoute une difficulté qui lui est propre : il est extrêmement flexible.

Cette flexibilité est une force au moment du cadrage. Elle devient un piège quand chaque pôle se met à construire son coin sans règle commune. On se retrouve avec quinze tableaux qui décrivent la même chose de quinze façons.

Sur nos audits, ce n'est presque jamais un rejet frontal qu'on trouve. C'est un empilement : trop de vues, trop de colonnes, trop d'automatisations, et plus personne qui sait laquelle fait foi.

Le Microsoft Work Trend Index 2025 mesure que 48 % des salariés jugent leur travail chaotique et fragmenté. Un outil mal cadré ne corrige pas ce sentiment : il l'amplifie, en ajoutant un endroit de plus où l'information peut se perdre.

Et le coût est réel. Le temps investi dans le déploiement est perdu, la licence continue de courir, et l'équipe garde en mémoire qu'« on a déjà essayé ».

Pourquoi Monday.com répond à ce contexte précis

Commençons par une nuance honnête : ce n'est pas Monday.com qui fait adopter Monday.com. Ce sont trois décisions d'organisation, que l'outil rend ensuite faciles à tenir.

La première : la donnée est saisie une seule fois. Si le créatif met à jour son statut, le chef de projet, la direction et le tableau de bord client le voient. Personne ne lui redemande. C'est le premier vrai bénéfice ressenti, et c'est celui qui achète l'adhésion.

La deuxième : chacun retrouve ce qui le concerne. La vue « mon travail » regroupe tout ce sur quoi une personne est responsable, tous tableaux confondus. Un créatif n'a pas à naviguer dans l'architecture de l'agence pour savoir ce qu'il doit faire aujourd'hui.

La troisième : les formulaires et les modèles enlèvent du travail au lieu d'en ajouter. Un brief qui arrive complet, c'est un aller-retour de moins. Un modèle de campagne, c'est un rétroplanning qu'on ne réécrit pas.

Un créatif adopte l'outil le jour où il lui évite une réunion. Pas le jour où on le lui impose.

À l'inverse, un principe qu'on entend souvent en cadrage doit être combattu : « on ne va pas activer telle fonctionnalité, les gens ne sauront pas faire ». Décider à la place des équipes de ce qu'elles ne comprendront pas, c'est préparer un outil au rabais que personne ne défendra.

Notre recommandation de configuration

  1. Commencer par un audit des usages existants, pôle par pôle.Qui utilise quoi, pour quoi, et pourquoi certains ont décroché. Chaque pôle a de bonnes raisons de faire à sa façon : tant qu'on ne les a pas entendues, on paramètre à l'aveugle.
  2. Rationaliser avant d'ajouter.Sur un espace déjà installé, le premier geste est soustractif : supprimer les vues jamais ouvertes, les colonnes jamais remplies, les automatisations qui déclenchent des notifications que tout le monde ignore. Un espace lisible s'utilise ; un espace riche s'évite.
  3. Écrire les règles d'usage, avec les équipes et pas pour elles.Ce qu'est un projet « en cours » chez les créas, à quel moment une tâche passe en « à valider », qui a le droit de la fermer. Ces critères se posent en atelier de co-construction. C'est l'étape que la plupart des agences sautent, et c'est celle qui décide de tout.
  4. Ancrer l'outil dans un rituel existant.Le point de production du lundi se tient dans le tableau, pas dans un document préparé à côté. Tant que le rituel vit ailleurs, l'outil reste une corvée de saisie.
  5. Prévoir la formation, puis l'après-formation.Les éditeurs répètent que leurs outils sont intuitifs, alors on saute l'étape. Quelques heures de formation par pôle, puis des permanences régulières — des « office hours » où l'on vient avec ses questions réelles — valent tous les tutoriels génériques.
  6. Documenter dans l'outil lui-même.Un guide d'utilisation logé dans Monday.com, mis à jour, accessible en deux clics. C'est ce qui rend l'agence autonome et permet d'onboarder un nouvel arrivant sans mobiliser la seule personne qui sait.

Un dernier point, non négociable : la direction doit être sponsor visible du déploiement.

Nous avons vu des équipes très motivées, épuisées par leur désorganisation, abandonner un projet parfaitement cadré. Non par manque d'envie, mais parce que leur direction ne l'a jamais soutenu publiquement. En quelques semaines, les anciennes habitudes reprennent la main.

Comment on a accompagné ce type de client

Nous sommes intervenus sur une équipe digitale de 90 personnes, organisée en 7 pôles, au sein d'un grand groupe international de mode et de beauté.

Monday.com était déjà déployé. Le problème n'était pas l'absence d'outil : c'était que chaque pôle l'utilisait dans son coin, avec ses propres conventions.

Conséquence directe : aucune vision d'ensemble pour la direction, des tableaux hétérogènes, un reporting impossible à consolider et une expérience utilisateur dégradée pour tout le monde.

La démarche a tenu en cinq temps.

D'abord un audit de l'utilisation réelle de Monday.com dans les 7 équipes — pas seulement auprès des managers. Puis l'identification des opportunités de rationalisation, tableau par tableau.

Ensuite la refonte : simplification et harmonisation des tableaux, puis construction de tableaux de reporting destinés à la direction.

Enfin l'ancrage : formation, communication interne, rédaction d'un guide d'utilisation, et un suivi en office hours sur 4 mois pour traiter les questions au fil de l'eau, quand elles arrivent vraiment.

Les résultats observés :

  • 7 pôles alignés sur des usages communs, sans imposer un modèle unique à des métiers différents
  • Des tableaux simplifiés, cohérents entre équipes, et un reporting direction enfin fiable
  • Une adoption qui tient dans la durée, portée par le guide et les permanences plutôt que par le consultant

Sur une autre mission, dans une enseigne de distribution spécialisée où 12 directions métiers partageaient le même espace Monday.com, le diagnostic était voisin : trop de vues, trop d'automatisations, des modèles que les chefs de projet ne s'appropriaient pas. La restructuration a porté sur la simplification des vues, des statuts et des processus de contribution, avant toute chose.

L'adoption ne se décrète pas le jour de la formation. Elle se vérifie trois semaines plus tard, quand la pression revient.

FAQ — l'adoption de Monday.com en agence

Nos équipes ont déjà rejeté un outil. Peut-on les remobiliser ?

Oui, mais pas en recommençant à l'identique. On part de ce qui a coincé la première fois : cadrage absent, formation escamotée, absence de règles communes, direction en retrait. Un audit des pratiques suffit généralement à identifier ce qu'on garde et ce qu'on abandonne.

Faut-il tout reparamétrer quand Monday.com est déjà en place ?

Rarement. Dans la majorité des cas, l'espace existe et il est correct sur le fond ; c'est l'usage qui n'a jamais été cadré. Le travail consiste plus souvent à simplifier qu'à reconstruire.

Comment convaincre des profils créatifs ?

En ne les convainquant pas. On leur retire une contrainte : un brief complet dès le départ, moins de relances, plus de version perdue. La démonstration se fait par leur quotidien, pas par un argumentaire.

Combien de temps avant que l'outil soit vraiment adopté ?

Le paramétrage prend quelques jours. Le changement d'habitude, plusieurs mois. C'est pour cela que nous accompagnons l'après-déploiement — sur l'une de nos missions, des permanences ont été tenues pendant quatre mois après la formation.

Faut-il désigner des référents en interne ?

Oui. Une personne par pôle, formée un cran au-dessus des autres, qui répond aux questions du quotidien. C'est ce qui évite que l'outil ne dépende du consultant, ou de la seule personne curieuse de l'agence.

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